Mercredi 13 février sonne le dernier jour de travail et dernier rendez-vous chez mon obstétricienne, avec qui nous planifions le déclenchement de mon accouchement pour le lendemain matin.

C’est donc plein d’espoir que nous nous rendons le 14 février, à 7h30 à la maternité Mary Birch afin de commencer les procédures. Comme toute hospitalisation aux Etats-Unis, tout commence par la case assurance. Jusque là, pas de soucis nous sommes en règle. On nous fait ensuite patienter le temps de préparer notre chambre.
Nous avons une très grande chambre, avec un lit pour moi, un canapé lit pour Guillaume et un petit lit pour Gabriel… bref grand luxe.
Nous démarrons tranquillement les traitements avec un premier produit. L’infirmière m’explique les tenants et les aboutissants, m’indiquant que ce traitement ne peut être répété que 6 fois à la suite. Moi, toujours très sceptique quand à la situation, demande ingénument ce qui se passerait si au bout de 6 répétitions rien n’arrive, l’infirmière, sûre d’elle, qui me répond de ne pas m’inquiéter que ça va forcément fonctionner.

Nous voilà 4 doses plus tard, et toujours rien. Heureusement voyant que rien ne se passe le médecin ordonne gentiment qu’on me donne un vrai repas afin que j’ai de l’énergie pour pousser quand il le faudrait. C’est sur qu’après une journée de bouillon de poule et de jello, il va m’en falloir un peu plus!
Après la venue de l’obstétricienne pour la 4ème fois de la journée, nous décidons de changer notre fusil d’épaule et de partir sur un autre médicament qui agira pendant 12h. Il est déjà tard dans la nuit et je suis fatiguée! Cependant avec Guillaume nous continuons d’espérer, j’alterne entre les squats, les déhanché sur le ballon… pendant qu’il regarde mes contractions sur le moniteur entre deux siestes!

A peine quelques heures de sommeil plus tard, le couperet tombe. Nous sommes face à un choix : soit nous prenons des mesures invasives et Gabriel sortira par voie basse ou non, soit nous rentrons à la maison, nous nous reposons, essayons de tout faire pour que je rentre en travail et voyons ce qui se passe. Face à ce choix, nous prenons tristement le chemin de la maison.
Le weekend est très actif, petit déjeuner chez Kono’s (obligé quand même après presque 2 jours de bouillon de poule) ballade au pas de course, ménage intégral de l’appartement du sol au plafond, marche sur le tapis de course… bref nous essayons de notre mieux! et miracle dans la nuit de dimanche à lundi les contractions sont là!!! Rapprochées, douloureuses…parfaites!!!!!
Après un petit déjeuner forcé, nous nous remettons en route pour la maternité!!! Cette fois j’en suis sûre Gabriel arrive! Admission en salle de triage, afin de voir à quel point je suis ouverte et monitorer mes contractions. Et voilà… une nouvelle déception, certes j’ai des contractions mais je ne suis pas plus ouverte que vendredi! Et de surcroit, petite visite du service financier nous annonçant qu’en passant mon dossier dans le service de facturation j’apparais comme non éligible aux soins et donc pas prise en charge! (Comment stresser une maman en travail!)

Après consultation téléphonique du docteur Mansour, l’infirmière m’envoie marcher pendant 2h dans la salle d’attente afin d’essayer d’accélérer le processus. Ces deux heures ont été longues et douloureuses… mais malheureusement sans effet. 8h nous revenons au poste infirmier pour constater ce dont j’étais sûre… pas de progrès! Cette fois mon obstétricienne arrive pour discuter avec moi et me demande de prendre une décision : est ce qu’on m’admet à l’hôpital et on fait tout ce qu’il faut pour que Gabriel arrive ou est-ce qu’on en reste là et je rentre.
Nous décidons de nous faire admettre. Cette fois changement de traitement, nous passons directement au traitement que j’avais refusé la dernière fois : celui censé m’augmenter mes contractions pour que mon col s’ouvre.
A 13h visite du docteur, il n’y a toujours aucun avancement. Nous prenons donc la décision de percer la poche des eaux afin d’accélérer le processus. Cela fait déjà 12 heures de suite que j’ai des contractions et que mes espoirs diminuent à chaque visite… Je finis par accepter la péridurale car je me sens vraiment fatiguée et veux garder des forces pour l’accouchement. Bien évidemment, comme je ne peux pas faire simple, une petite anecdote: juste avant la péridurale on me change d’infirmière alors que j’avais bien sympathisé avec la première. Ayant peur des aiguilles et pas confiance dans ma nouvelle infirmière j’ai attendu que la précédente finisse son déjeuner, afin que ce soit elle qui soit là pour m’aider pour la péridurale. Forcément l’infirmière chargée de moi à ce moment là est rentré dans la chambre pendant l’opération, elle n’avait pas l’air très contente!
A la fin de la journée, le bilan est toujours négatif, il n’y a aucune évolution. Docteur Mansour, en adorable personne qu’elle est, continue d’appeler régulièrement le service, bien qu’elle ne soit pas de garde, afin de connaître l’avancé des choses. Vers 3h du matin, elle arrive carrément dans ma chambre afin de discuter avec moi de mes options. En effet, les médicaments n’ont plus d’effet sur moi, je suis extrêmement fatiguée et Gabriel n’est apparement pas du tout décidé à sortir.
Au petit matin, la décision est prise, nous partons sur une césarienne. Le service me prépare, Guillaume met sa combinaison blanche et son masque et nous partons pour la salle d’opération.

Entre la fatigue et les médicaments, je suis à peine consciente de ce qui se passe autour de moi. Je sens qu’on me secoue mais c’est tout, et tout d’un coup, j’entends mon petit Gabriel qui pleure et docteur Mansour me le présente au travers du drap de chirurgie! Ouf on ne me le pose pas sur moi quand il est encore tout sale!!!
Guillaume quitte mon côté pour aller s’occuper de son fils et couper le cordon ombilical, ou du moins une partie du cordon, le reste étant parti dans le kit que nous avons acheté pour conserver les tissus et le sang du cordon en cas de maladie.
Une fois recousue, on me met dans la salle de réveil et on me donne mon fils. La gentille infirmière de la veille vient nous rendre visite pour rencontrer mon petit Gabriel!


petit test s’est révélé positif! Il y a un petit être qui pousse et grandit en moi!





